Découverte du petit pays de Eswatini ( ex Swaziland)

    Quand nous avons traversé la frontière, afin de quitter l'Afrique du Sud pour 24h, le pays sur lequel nous entrions s'appelait encore le Swaziland. Depuis, le roi Mswati III (dont vous pouvez voir le visage sur le tissu noué autour de notre taille) a fait abandonner ce nom à la consonance anglo-saxonne pour celui d'Eswatini, qui signifie "Pays des Swazis" en langue swati. 

    Nous ne savions pas où nous mettions les pieds. Ni ma mère, ni moi, n'avions une image précise de ce pays si peu connu. Notre guide, Adam, nous fut une nouvelle fois d'un grand secours pendant le trajet en bus qui nous menait à notre première visite en éclairant notre lanterne à tous. Bus qui, sans être équipé comme un 4x4, n'hésita pas à s'aventurer sur des chemins boueux et cabossés. On a très vite vu le moment où on allait tous devoir sortir pousser. On même eu très peur de se retourner... mais non, le conducteur, en vrai pilote, nous a déposé sans encombres. A peine arrivée, nous sommes donc invitées à nouer un carré de tissus rouge autour de la taille, afin d'arborer nous aussi la tenue traditionnelle swati. 


    Je dois vous avouer que j’appréhendais cette visite, peut être même plus que toutes les autres. Je me questionne toujours quand je voyage sur l'impact de mes escapades et les biais qu'elles peuvent dissimuler. 
     Le voyeurisme, le biais du "sauveur blanc", l'exploitation de la misère, sont des sujets qui m'ont évidemment traversés pendant cette excursion. A l'heure où j'écris ces lignes, quelques années après ce voyage, je pense être tombée dans plusieurs pièges. Même si je ne saurai les définir et en expliquer précisément les mécanismes, le mal-être que j'ai ressenti sur le moment (et que je ressens encore aujourd'hui en y repensant) est une indication claire sur le fait que quelque chose clochait.








    Nous voici dans un orphelinat, accueillies par la chef du village et un interprète. Entourée d'enfants, tous plus mignons et souriants les uns que les autres, elle va nous initier à certains eus et coutume de leur communauté. Fabrication de farine, portage de panier sur la tête, chants et danses traditionnelles sont au programme, créant des moments complices avec les enfants, amusés de notre gaucherie ou de nos chants approximatifs.
     Ensuite, une certain nombre de femmes artisans exposent leurs créations afin que nos achats participent à la vie de la communauté. Nous sommes reparties souriantes, les mains pleines d'artisanat mais le cœur gros de dire aurevoir à ses enfants qui, même s'ils semblaient heureux, ne paraissaient pas tous apprécier l'exercice avec la même ferveur...spontanée ou feinte
    

Chacun d'entre nous a tressé son propre "bracelet" pour l'enrouler ensuite
autour des roseaux qui constituait un mur de clôture

    Le retour est marqué par un passage devant l'immense maison de la mère du roi dont l'entrée est matérialisée par une grande fontaine, gardée par un lion et un éléphant, emblèmes du pays.



     Pour le dernier safari du voyage, qui aurai cru, surtout après avoir vu toute cette faune depuis quelques jours, qu'il allait se faire à pied ? 
    Je crois que je n'y crois toujours pas encore aujourd'hui. Etre aussi prêt des animaux sauvages de la savane, sans même une carcasse de voiture entre nous pour nous sentir protéger, est une expérience inoubliable. Dans les herbes hautes, il y avait les zébus, les zèbres, les impalas, les phacochères et... nous, tranquille avec nos sacs à dos. 

   Tout en marchant scrupuleusement dans les pas de notre guide, nous écoutions ses explications sur la cohabitation des différentes espèces, sur la flore autour de nous,... 
      Maman, elle, écoutait surtout ce que je consentais à lui traduire. Même quand je décidais de lui tendre une feuille en lui indiquant que c'était "super bon et plein de propriétés", elle ne vit pas le mauvais coup venir. Elle croqua sans hésiter dans une feuille indiquée pourtant comme "très amère et peu gouteuse, bien que pleine de propriétés", par le guide (je n'ai pas menti sur tout!). J'ai bien une photo de sa tête en pleine dégustation mais j'ai interdiction de la publier. Je me contenterai de celle d'avant dégustation, quand elle pensait encore que sa fille était quelqu'un de confiance.

     Les singes criant à la cime des arbres au dessus de nous, la maman impalas broutant l'herbe avec son bébé, Pumba guettant notre troupe sur le bord du chemin,... de nouveaux souvenirs indélébiles s'entassent pendant ce voyage mère/fille. 

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On lit quand même le doute dans son regard



Les fruits de cet arbre, à la forme phallique, auraient justement des propriétés spécifiques à la sexualité de hommes.


    La journée en Eswatini se termine par la visite d'un marché et d'une fabrique de bougies artisanales. Une magnifique bougie en forme de d'éléphant, que je n'allumerai jamais évidemment, et une girafe en bois, orne encore ma bibliothèque à l'heure où je vous parle. Cette sculpture à l'effigie de mon animal totem est un des souvenirs de voyage que je chéri le plus dans ma maison.




Merci Themba pour cette beauté










Commentaires

  1. Bon dia ! S'interroger, c'est bien. Culpabiliser, c'est pas bien. Autant les globe trotteurs qui surfent à la surface des choses sont imbuvables parce que insipides, eux qui n'interrogent que leur ego à travers le regard des autres, autant les voyageuses qui cherchent à voir ce qui se cache derrière l'image, la façade, le sourire sont intéressantes, elles qui partagent leurs émotions et leurs doutes. Cette visite sur ce site, dans la moiteur d'un après-midi caniculaire qui nous contraint à garder les volets fermés, bien dans le ton d'une virée en Afrique australe, a élargi avec bonheur mon horizon calfeutré. Fins aviat

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